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Interview accordée au site « webdelareussite.com »

Auteur reconnu de romans policiers français, Laurent SCALESE a accepté de répondre à nos questions :
Pouvez-vous brièvement vous présenter ?

Je m'appelle Laurent Scalese, j'ai 38 ans et je vis en région parisienne.
Quel a été votre parcours (scolaire, professionnel, associatif...) ?

Après l'obtention d'un bac B, j'ai fait une année de BTS action commerciale. J'ai arrêté pour faire mon service militaire puis me lancer dans la vie active. J'ai travaillé pendant plusieurs années dans le prêt-à-porter, en tant que vendeur puis responsable de boutique. Puis j'ai décidé de tenter ma chance dans le monde de l'édition.
Pouvez-vous nous présenter brièvement votre activité ?

J'ai envoyé un premier manuscrit à une quinzaine de maisons d'édition. Trois m'ont répondu favorablement. J'ai choisi de signer avec Pygmalion, une filiale du groupe Flammarion. J'ai écrit trois livres pour Pygmalion, puis j'ai quitté cette boîte pour Belfond. Depuis bientôt un an, je travaille également pour la télé et le cinéma, en tant que scénariste.
Depuis quand l’envie d’écrire vous est-elle venue ? Et qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

L'envie d'écrire est venue très tôt, après avoir lu "La planète des singes" de Pierre Boulle et les romans de Stephen King ou Richard Matheson. Je crois que nous sommes tous faits pour une chose dans la vie : l'écriture m'est apparue comme une évidence, comme un besoin, comme une raison de vivre. C'est tout naturellement que j'ai tenté ma chance. La vie est courte et je ne voulais pas la gâcher avec des regrets !
Quelle principale motivation est à l'origine de votre réussite ?

A la base, quand on se lance dans une activité artistique, on ne pense pas à la réussite et encore moins à l'argent. Si on pense à ces choses-là, on a l'esprit pollué et on ne peut rien produire de bon. L'idée que l'on puisse en vivre germe beaucoup plus tard, quand les ventes de livres augmentent et quand les gens du métier vous appellent pour vous confier des projets importants.
Pensez-vous que la réussite d'un auteur dépende de la plus ou moins grande proximité de celui-ci avec ses lecteurs? Qu'en est-il pour vous ?

Le lectorat est, par définition, très volatil. Certaines personnes achètent l'un de vos livres par accident, l'aiment et ressentent l'envie de découvrir l'ensemble de votre oeuvre. D'autres, en revanche, vous lisent une fois et vous oublient. Si un auteur vend 300 000 exemplaires, il faut savoir que le noyau dur de ses lecteurs est constitué de 3000 personnes. Ce sont eux qui vous lisent et vous relisent. Pour ma part, j'aime garder un contact étroit avec mes lecteurs. Après tout, on écrit pour être lu. J'ai un forum de discussion, où chacun peut donner son avis sur mes livres, parler de tout et de rien. Je participe volontiers à ces échanges virtuels, car j'estime que si notre vie privée nous appartient, notre vie publique, liée au livre, peut intéresser des gens. Il est normal de répondre à un lecteur qui vous pose une question en rapport avec l'un de vos romans. Parfois, une relation amicale s'instaure, mais c'est rare.
Avez-vous une manière spécifique de travailler pour arriver à des romans d'une telle qualité ?

Je n'ai pas de "méthode" de travail. Autodidacte, j'ai appris à écrire seul, dans mon coin, avec pour seul moteur ma passion. Plus tard, j'ai collaboré avec des directeurs littéraires, certains excellents, d'autres moins bons. Les meilleurs m'ont beaucoup appris les techniques d'écriture. Car il ne faut pas se leurrer, écrire est un vrai métier, souvent méconnu, voire déconsidéré : il ne suffit pas d'aligner des phrases sur l'écran de son ordinateur pour dire que l'on sait écrire. En fait, un écrivain apprend toute sa vie. Il faut une vie entière pour maîtriser parfaitement la syntaxe. A l'heure actuelle, les gens de lettres sont moins respectés que les pseudo-vedettes de la télé-réalité. Je pense que c'est très grave, car celui qui ne lit pas n'a pas d'ouverture d'esprit. L'ignorance est au bout du chemin, et on sait où elle mène... Ma façon de travailler est très simple. J'ai une idée de départ et je me lance. Je déteste faire un plan. Je préfère l'imprévu, ne pas savoir ce que je vais écrire le lendemain ou même dans une heure est terriblement excitant. L'histoire s'écrit d'elle-même. Les personnages prennent véritablement vie et vous guident dans le labyrinthe que vous êtes en train de construire. Pendant l'écriture du livre, on a vraiment l'impression d'être tout-puissant. On a droit de vie ou de mort sur chaque personnage.
Comment se fait-il que vous, qui êtes de nature aimable et gentille, écriviez des romans aux ambiances aussi "noires" ?

L'artiste qui prend son art à coeur est tout sauf léger, contrairement aux idées reçues. La création passe par le doute, l'angoisse, la peur. C'est une réponse à nos névroses les plus profondes. La vie n'est-elle pas violente, avec son lot de mirages et de rêves brisés ? Ceci explique pourquoi mes romans sont si noirs. Je ne me vois pas raconter un conte de fées, pour la simple et bonne raison que je n'y crois pas.
Quelle personne représente à vos yeux une réelle réussite ? Pourquoi ?

La personne qui représente une réelle réussite à mes yeux est celle qui arrive à concilier vie privée et vie professionnelle. Cela peut être n'importe qui en fait. Si je devais choisir quelqu'un de célèbre, ce serait JJ Goldman : il a tout connu, gloire, succès, argent... Et puis un jour, il a décidé de tout arrêter pour se consacrer à sa famille, sans se soucier de ce que les autres pensent. C'est quand même très fort !

Propos recueillis par Heloïse SAULNIER pour le webdelareussite.com