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Comment vous présenteriez-vous, plus auteur, plus scénariste... ?

Je suis venu à l'écriture en tant qu'écrivain. Mon premier roman, "Le Samouraï qui pleure", a été publié en 2000 aux éditions Pygmalion. D'autres livres ont suivi, et je me voyais très bien poursuivre dans cette voie car la littérature a toujours été la grande passion de ma vie. Une vie passée à lire et à écrire, ça m’allait très bien. À aucun moment, contrairement à certains confrères qui ont commencé par écrire des livres dans l’espoir d’écrire un jour des scénarios, je n’ai rêvé d’écrire pour la télé ou le cinéma. Je ne fantasmais pas sur l’image. Voir les films des autres me suffisait amplement. Et puis un jour, le directeur de la fiction de TF1 a contacté mon éditeur. Il venait de lire un de mes romans, « Le baiser de Jason », il avait aimé et souhaitait me rencontrer. Voilà comment un beau matin de février 2006 j’ai atterri dans la fameuse tour de TF1, quai du Point du Jour. Au terme de notre entretien, le directeur de la fiction m’a parlé d’un scénario qu’il trouvait mauvais. Il m’a demandé d’en réécrire quelques séquences, sans me donner la moindre indication ni le moindre conseil. Il m’a dit : « Soit tu sais faire et on traite ensemble, soit tu ne sais pas et on en reste là ». J’ai réécrit une quinzaine de séquences, je lui ai renvoyé le script. Le lendemain soir, il m’a appelé chez moi et m’a dit qu’il était satisfait de mon travail, qu’on allait pouvoir faire affaire ensemble. C’était le scénario de « La taupe », que j’ai fini par réécrire de A à Z. Voilà comment ma carrière de scénariste a commencé, sans que je le cherche vraiment. Les hasards et les rencontres de la vie vous conduisent parfois là où vous ne seriez jamais allé de votre propre chef. Et l'aventure continue de belle manière puisque la série "Cherif", que j'ai co-créée, est un franc succès sur France 2.
Les personnages amérindiens sont plutôt plus présent dans les ouvrages (films, séries ou livres) américains, qu'est ce qui vous a donné envie de créer ce personnage "Sage" ? N'aviez-vous pas peur que ça ne fasse moins crédible ?

J’ai toujours été attiré et fasciné par les Indiens d’Amérique. Choqué par la façon dont on les a dépossédés de leurs terres. Attristé par ce qu’ils sont devenus aujourd’hui, dans les réserves. Beaucoup sont au chômage et ont sombré dans l’alcool. Je voulais parler d’eux, leur rendre hommage, d’une façon ou d’une autre. Sage Gardella, le héros de mon roman « Des pas sous la cendre », policier français d’origine indienne, est né de cette envie, il est venu si naturellement que je ne me suis pas posé la question de savoir s’il aurait sa place ou pas dans un roman policier écrit par un auteur français. J’avais la certitude de tenir un personnage profond, touchant, singulier, je savais comment le faire vivre et évoluer au sein de l’intrigue que j’avais bâtie. D’une manière générale, si l’écrivain maîtrise bien son histoire et ses personnages, tout est possible, il peut rendre vraisemblable ce qui est a priori invraisemblable. Un peu comme un magicien. Si le tour est bien exécuté, le public marche à coup sûr.
Au vue de vos dédicaces, la famille est très présente pour vous, vous êtes bien entouré, est-ce un élément essentiel dans votre carrière ?

La famille est le ciment de l’existence. Sans elle, nous ne sommes rien, nous ne pouvons pas nous construire, apprendre, progresser. La famille nourrit l’artiste, l’inspire, le porte, l’amène à se transcender.
Des projets officiels, ou des projet mais Chut ?

Concernant mes projets, j’en ai plusieurs en cours, côté audiovisuel et côté édition. Mon prochain roman est bientôt terminé, et je peux vous dire que j’y ai mis mon cœur et mes tripes. Je suis tombé amoureux de cette histoire, et j’espère que les lecteurs l’aimeront autant que je l’aime. Ce livre est différent des autres car je déteste l’idée de me répéter, de stagner, ça m’angoisse.
Merci Laurent Scalese d'avoir répondu à ces quelques questions avec autant de gentillesse, je sais que vous donnez beaucoup de vous dans ce que vous faites, j'attends donc ce roman avec impatience !



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